Mon enfant bégaie : que faire ?

21 Juil Mon enfant bégaie : que faire ?

Garde d'enfants Domicordia

Votre enfant bégaie ? Il subit les moqueries de ses camarades ? Vous ne savez plus quoi faire pour l’aider à se sentir mieux dans sa peau ? Pas de panique, le Dr Salomon Pomper vous aide à y voir plus clair et à adopter l’attitude la plus appropriée…

Marie D. a posé la question suivante :

« Bonjour Docteur, mon enfant de 8 ans bégaie beaucoup, surtout quand il est stressé. Le problème c’est que a son age les enfants sont méchants et il subit beaucoup de moquerie (du coup il stresse encore plus daller a ‘l’école et de parler aux autres). Mais même avec nous il bégaie (pourtant nous faisons le max pour le mettre en confiance). Il voit un orthophoniste mais rien n’y fait. Que doit-on faire ? Comment l’aider ? C’est très dur de le rassurer et il vit très mal les moqueries… Merci pour vos conseils »

Voici la réponse de la pédiatre :

Connu depuis des siècles, le bégaiement existe dans toutes les couches sociales et toutes les cultures. C’est un trouble du langage qui altère le débit de parole et se caractérise par des répétitions de sons voire de mots entiers, des prolongations involontaires de sons ou encore des pauses silencieuses. 

Le bégaiement touche une personne sur cent et dans 75% des cas, des hommes. Il apparaît chez l’enfant entre deux et quatre ans et persiste à l’âge adulte une fois sur quatre. Dans tous les cas, il représente une vraie souffrance et constitue un véritable handicap.

Pourquoi mon enfant bégaie ?

La cause en est probablement multifactorielle : terrain génétique particulier auquel se surajoutent des facteurs émotionnels, psychologiques et environnementaux. En IRM on a montré que le cerveau des personnes bègues présente des différences anatomiques et fonctionnelles par rapport aux non bègues. On est, grâce à la neurologie, la génétique et la biologie cellulaire en train de changer notre regard sur le bégaiement.

Qui consulter lorsque mon enfant bégaie ?

La prise en charge précoce du bégaiement par un spécialiste du langage, phoniatre ou orthophoniste est indispensable.

Les psychothérapies, thérapies cognitives et comportementales, la relaxation, la sophrologie ou même le chant, sont des thérapies adjuvantes intéressantes. La blessure narcissique étant importante elle conduit parfois à des stratégies d’évitement d’échanges verbaux.

Le film « Le discours d’un roi » racontant l’histoire du roi d’Angleterre George VI, célèbre bègue est également un document intéressant.

Comment aider mon enfant à prendre confiance en lui ?

Le langage permet de comprendre et de se faire comprendre des autres. Les moqueries sont ressenties comme l’incompréhension de l’autre. L’enfant dans le désarroi peut pleurer, se replier sur lui-même, se mettre en colère, perdant peu à peu confiance en lui. Lorsqu’il bute sur un mot ou le déforme, il vit un échec, un sentiment d’impuissance. Lui et sa famille sont inquiets et fatigués. Frustré, il peut alors s’isoler.

Il est important de parler avec votre fils de huit ans de son bégaiement. Dites-lui que vous savez qu’il est inquiet, qu’il souffre, qu’il est triste, qu’il n’est ni incompétent ni « anormal ».

Ne vous sentez pas coupable de son bégaiement mais soyez un interlocuteur actif.
Ecoutez avec attention et jusqu’au bout ce qu’il veut vous dire en reformulant sa pensée au besoin, encouragez-le à ne pas abandonner.

Donnez de la place à la communication non verbale, gestes doux et rassurants. L’orthophoniste vous conseillera sur la forme de l’échange verbal et l’écoute.

Prenez du temps et donnez-lui plus de temps, évitez les sources d’excitation, de fatigue et de stress.

Adoptez une attitude positive : complimentez-le, encouragez-le, rassurez-le et adaptez votre niveau d’exigence.

La famille et les amis doivent être associés à la démarche ainsi que l’école.

Rencontrez l’enseignant afin de l’informer de la situation et encouragez-le à faire participer oralement votre fils comme les autres mais avec flexibilité et soutien. Ce sera l’occasion de parler des différences, de valoriser les comportements encourageants plutôt que les moqueries et les mises à l’écart qui ne doivent pas être tolérées.

Il faut dire à votre fils que vous avez confiance, que son bégaiement disparaîtra, qu’il retrouvera une parole libre grâce au plaisir d’échanger, de rire, de partager avec les autres. Cela sera d’autant plus possible que vous, parents, serez rassurés et sereins.

Il existe des associations de parents qui peuvent vous renseigner et vous guider, parlez-en à votre orthophoniste.

Docteur Salomon-Pomper,  Pédiatre